Après plus de 600 jours de blocage politique, la Région de Bruxelles-Capitale dispose enfin d’un nouvel accord de gouvernement. Si les débats se sont largement concentrés sur le budget et la mobilité, plusieurs mesures annoncées pourraient également influencer le marché immobilier à Bruxelles dans les années à venir.
Fiscalité, rénovation énergétique, urbanisme ou encore logement public : ces différents axes dessinent progressivement la trajectoire de la politique immobilière régionale.
Voici les principaux éléments à retenir.
Parmi les annonces, le gouvernement prévoit une augmentation de la prime “Be Home”, destinée aux propriétaires occupant leur logement à Bruxelles.
Le montant de cette prime devrait passer de 160 € à 320 € par an. Cette mesure vise à compenser partiellement le poids du précompte immobilier pour les ménages domiciliés dans leur bien.
Toutefois, son impact restera relativement modéré à l’échelle du coût global du logement. Par ailleurs, ce dispositif ne concerne pas les investisseurs ni les propriétaires bailleurs.
Il s’agit donc davantage d’un ajustement ciblé que d’une réforme fiscale de fond.
Le gouvernement prévoit également d’adapter le régime fiscal applicable à l’habitation propre et unique.
Le plafond du prix d’achat permettant de bénéficier du régime favorable serait relevé jusqu’à 800 000 €. Le taux lui-même ne serait pas modifié, mais davantage d’acquéreurs pourraient entrer dans ce dispositif.
Selon les premières informations disponibles, cette modification n’entrerait en vigueur qu’en 2029, ce qui en fait plutôt une mesure d’anticipation qu’un levier immédiat pour le marché.
Le parc immobilier bruxellois étant majoritairement ancien, la question de la rénovation énergétique reste centrale.
Le dispositif actuel de primes RENOLUTION pourrait être profondément réorganisé. Le gouvernement envisage notamment de remplacer une partie des primes directes par des mécanismes de financement sous forme de prêts à taux préférentiels.
Si cette orientation se confirme, elle modifierait sensiblement la manière dont les propriétaires financent leurs travaux de rénovation.
La transition énergétique constitue l’un des piliers de la politique régionale.
Les futures obligations liées à la performance énergétique des bâtiments (PEB) devraient progressivement imposer des rénovations aux propriétaires dans les prochaines décennies.
Dans ce contexte, la qualité énergétique des biens devient un critère de valorisation majeur sur le marché immobilier. À moyen terme, la différence de prix entre logements rénovés et biens énergivores pourrait continuer à se creuser.
L’un des objectifs les plus structurants de l’accord concerne l’urbanisme.
Le gouvernement souhaite diviser par deux les délais de délivrance des permis d’urbanisme d’ici la fin de la législature. Cette réforme s’inscrit dans une logique de simplification administrative destinée à accélérer les projets de construction et de rénovation.
Parmi les pistes évoquées :
traitement plus rapide des accusés de réception
délais raccourcis pour vérifier la complétude des dossiers
limitation des enquêtes publiques dans certains cas
encadrement plus strict des réunions de projet
simplification de certaines procédures internes
Si ces mesures se concrétisent, elles pourraient améliorer la visibilité et la rapidité des projets immobiliers, les délais administratifs constituant aujourd’hui un frein important au développement de nouveaux projets.
L’accord prévoit également d’augmenter l’offre de logements publics dans la capitale.
La création de plus de 1.000 nouveaux logements publics est annoncée pour la durée de la législature. Cette initiative vise principalement à répondre aux difficultés d’accès au logement pour une partie de la population.
Cependant, au regard de la pression démographique et de la demande existante, cette augmentation de l’offre devrait rester limitée par rapport aux besoins structurels.
La concrétisation de cet objectif dépendra notamment du financement, des procédures administratives et de la capacité opérationnelle des acteurs publics.
Le nouvel accord de gouvernement bruxellois met en avant deux priorités majeures pour le secteur immobilier : la transition énergétique du parc immobilier et la simplification des procédures administratives.
Si certaines mesures auront un impact progressif, la réduction des délais de permis pourrait, à terme, constituer l’un des changements les plus structurants pour le marché.
Comme souvent en matière de politique publique, l’impact réel dépendra surtout de la mise en œuvre concrète des mesures annoncées.