La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs en juin puis en septembre 2026. Les crédits hypothécaires sont devenus plus chers et la capacité d'emprunt des acheteurs a reculé. Pour un vendeur, le prix demandé doit désormais tenir compte de ce que les acheteurs peuvent réellement financer. Pour un acheteur, attendre une baisse des taux reste un pari : personne ne peut la garantir.
Après plusieurs années de taux en baisse puis stables, l'automne 2026 marque un changement de cap. Si vous envisagez de vendre ou d'acheter en Brabant wallon ou à Bruxelles, voici ce qui a changé, chiffres à l'appui, et ce que cela implique concrètement pour votre projet.
Le 11 juin 2026, la BCE a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point, une première depuis 2023 : le taux de la facilité de dépôt est passé à 2,25 % à partir du 17 juin (source : BCE). Le 10 septembre, elle a procédé à une seconde hausse identique, portant ce taux à 2,50 % à partir du 16 septembre (source : Banque nationale de Belgique). La BCE justifie ces décisions par les tensions sur les prix de l'énergie liées au conflit au Moyen-Orient.
En Belgique, l'inflation est passée de 3,97 % en août à 4,69 % en septembre 2026 (source : Statbel, 29/09/2026). La BCE précise qu'elle ne s'engage sur aucune trajectoire de taux à l'avance : de nouvelles hausses ne sont ni annoncées, ni exclues.
Les chiffres varient selon la source et la date, et il est utile de savoir ce que chacun mesure :
Moyenne officielle : selon l'enquête de la Banque Nationale de Belgique, le taux moyen des nouveaux crédits à taux fixe de plus de 10 ans était de 3,35 % en février 2026. C'est une moyenne de contrats réellement signés, mais elle est antérieure aux deux hausses de la BCE.
Indications de courtiers : en septembre 2026, un baromètre de courtier indique des taux fixes sur 25 ans entre 3,95 % pour les meilleurs dossiers et 4,25 % en moyenne. Il s'agit de taux indicatifs, pas d'une statistique officielle.
Presse : selon Sudinfo, certains taux sur 20 ou 25 ans dépassent désormais 4,30 %.
La tendance, elle, est claire : les taux ont monté. Le taux exact dépend de votre profil, de votre apport et de la banque. Un rendez-vous avec votre banquier ou un courtier reste indispensable.
Prenons un exemple simple, à titre purement illustratif : un emprunt de 300.000 € sur 25 ans, à taux fixe, hors assurances et frais.
À 3,35 %, la mensualité est d'environ 1.478 €.
À 4,25 %, elle passe à environ 1.625 €, soit près de 150 € de plus par mois.
Vu sous l'angle de la capacité d'emprunt : un ménage qui peut consacrer 1.500 € par mois à son crédit sur 25 ans pouvait emprunter environ 304.500 € à 3,35 %. À 4,25 %, ce montant tombe à environ 276.900 €. C'est près de 28 000 € de budget en moins pour le même effort mensuel.
Pas forcément à la baisse, mais il faut le fixer avec plus de précision qu'il y a un an. Votre acheteur est contraint par sa banque : si le prix demandé dépasse ce qu'il peut financer, il ne fera pas d'offre, même si le bien lui plaît.
En Brabant wallon, le prix moyen d'une maison a atteint 476.030 € au premier trimestre 2026, soit la plus forte hausse des provinces wallonnes (+3,9 %, source : FedNot). Sur ce segment, une perte de 25.000 à 30.000 € de capacité d'emprunt pèse directement sur le nombre d'acheteurs capables de suivre.
À Bruxelles, le prix moyen d'une maison atteignait 607.219 € au premier trimestre 2026 (source : Fédération du Notariat). L'acheteur doit en plus financer des droits d'enregistrement de 12,5 %, avec un abattement de 200.000 € réservé aux biens dont le prix ne dépasse pas 600.000 €. Au-delà de ce seuil, l'apport nécessaire grimpe fortement.
En pratique, un bien surévalué reste en vitrine plus longtemps et finit souvent par être renégocié plus bas que s'il avait été bien positionné dès le départ. Une estimation réaliste de la valeur de votre bien, fondée sur les ventes récentes de votre quartier, est votre meilleur atout.
Personne ne peut le prédire. La BCE elle-même refuse de s'engager sur la suite. Attendre comporte aussi un risque : si les prix continuent de progresser, une éventuelle baisse des taux pourrait être compensée par un prix plus élevé.
Quelques réflexes utiles :
Faites valider votre capacité d'emprunt par votre banque avant de visiter, avec une marge de sécurité.
Comparez plusieurs offres : les écarts entre banques restent significatifs.
Intégrez tous les frais : droits d'enregistrement, frais de notaire, éventuels travaux.
En Wallonie, si le bien est énergivore, renseignez-vous sur le nouveau régime d'aides à la rénovation en vigueur depuis le 1er octobre 2026.
Article rédigé par l'équipe TRIOR — Septembre 2026