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Baromètre immobilier T3 2026 : moins de ventes, des prix qui montent en Brabant wallon et à Bruxelles

Rédigé par Jean-François Thibaut | 20/10/26 12:30

Au 3e trimestre 2026, les ventes de logements ont reculé de 2,2 % en Belgique par rapport au 3e trimestre 2025 : –5,1 % en Wallonie, –0,1 % à Bruxelles. Les prix moyens, eux, continuent de monter : une maison coûte en moyenne 477.816 € dans le Brabant wallon (+4,2 %) et 609.227 € à Bruxelles (+4,8 %). Le marché se rafraîchit, il ne se retourne pas. Source : Baromètre immobilier de la Fédération du Notariat (Fednot), 13 octobre 2026.

Il y a un an, nous écrivions ici que la hausse des prix en Wallonie devait être « relativisée ». Les chiffres publiés par les notaires le 13 octobre 2026 nous donnent l'occasion de refaire le point, cette fois pour le Brabant wallon et Bruxelles. Le constat a changé de nature : ce ne sont plus les volumes qui s'envolent, ce sont les transactions qui ralentissent pendant que les prix moyens poursuivent leur progression.


Que disent les chiffres du 3e trimestre 2026 ?

Le baromètre compare les prix moyens des neuf premiers mois de 2026 à la moyenne annuelle de 2025 :

Zone

Maison

Évolution

Appartement

Évolution

Brabant wallon

477.816 €

+4,2 %

275.868 €

+0,5 %

Bruxelles

609.227 €

+4,8 %

301.666 €

+1,7 %

Wallonie

270.239 €

+0,6 %

216.239 €

+2,0 %

Belgique

360.613 €

+3,0 %

287.616 €

+2,0 %

Source : Fednot, Baromètre immobilier du 3e trimestre 2026 (publié le 13/10/2026). Prix moyens des neuf premiers mois de 2026, comparés à la moyenne annuelle 2025.

Côté activité, le recul est surtout wallon et touche d'abord les maisons : –5,9 % de ventes de maisons en Wallonie, contre –0,6 % pour les appartements. À Bruxelles, le marché est resté pratiquement stable (–0,1 %), avec une baisse de 1,8 % pour les maisons compensée par une hausse de 1,2 % pour les appartements.

 

Pourquoi les ventes ralentissent-elles ?

Pour les notaires, la première raison est la hausse des taux d'intérêt : le crédit est devenu plus cher ces derniers mois, ce qui réduit la capacité d'emprunt des ménages. Fednot cite aussi la conjoncture économique et le contexte budgétaire, qui rendent les candidats investisseurs plus prudents.

Concrètement, moins d'acheteurs peuvent suivre au prix demandé. Ceux qui restent sur le marché sont plus sélectifs : ils comparent davantage, négocient plus et prennent plus de temps avant de se décider.

 

Les prix montent-ils vraiment ?

Sur le papier, oui. Mais trois nuances s'imposent.

1. L'inflation fait mieux que l'immobilier. Selon le porte-parole des notaires, la hausse moyenne de 3 % en Belgique reste inférieure à l'inflation constatée fin septembre 2026 (4,69 %). En valeur réelle, les prix stagnent donc, voire reculent légèrement. C'est particulièrement vrai en Wallonie, où les maisons ne progressent que de 0,6 %.

2. Une moyenne n'est pas votre bien. Un prix moyen dépend des biens qui se sont vendus. Si davantage de grandes maisons changent de main dans le Brabant wallon sur une période, la moyenne monte, sans que chaque maison ait pris autant de valeur. Cet « effet de composition » explique souvent une partie des variations d'un trimestre à l'autre.

3. Le marché des appartements est quasi stable dans le Brabant wallon. Avec +0,5 %, il progresse moins vite que l'inflation et bien moins vite que les maisons.

 

Qui achète en Brabant wallon et à Bruxelles ?

Le baromètre apporte un éclairage précieux sur le profil des acquéreurs :

Dans le Brabant wallon, l'âge moyen des acheteurs est de 41 ans pour une maison et de 49 ans pour un appartement, le plus élevé des provinces wallonnes pour les maisons.

À Bruxelles, il est de 41 ans pour une maison et de 42 ans pour un appartement.

En Wallonie, les 65 ans et plus représentent 16 % des achats d'appartements, devant les 26-30 ans (14 %).

Ce que cela signifie pour un vendeur : un appartement dans le Brabant wallon s'adresse souvent à des acheteurs qui réduisent la taille de leur logement. Accessibilité, ascenseur, proximité des commerces et charges maîtrisées pèsent lourd. Une maison, elle, intéresse surtout des familles attentives au budget énergie et au PEB.

 

Vendeur : faut-il attendre le printemps ?

Personne ne peut garantir que les prix seront plus élevés au printemps. Ce que montrent les chiffres, c'est un marché où le prix de départ fait la différence. Un bien correctement estimé trouve preneur, même dans un marché plus calme. Un bien surévalué, lui, reste en ligne, perd en attractivité et finit souvent par être négocié plus durement.

Si votre projet le permet, vendre en automne et en hiver a aussi ses atouts : moins de biens concurrents et des acheteurs qui ont un projet concret. Pour bien vous positionner, lisez notre guide pour fixer le bon prix et tenez compte des délais de vente, entre compromis et acte.



Acheteur : ce ralentissement est-il une opportunité ?

En partie. Moins de concurrence entre acheteurs signifie plus de temps pour visiter, comparer et négocier, surtout sur les biens en vente depuis plusieurs mois. En Wallonie, le taux réduit de 3 % de droits d'enregistrement pour l'achat d'une habitation propre et unique reste d'application ; il a été maintenu dans le budget présenté par le Gouvernement wallon. Le principal frein reste le coût du crédit : faites valider votre capacité d'emprunt avant de vous lancer et intégrez l'ensemble des frais d'achat à votre budget.

 

Ce qu'il faut retenir

Les ventes ralentissent, surtout en Wallonie (–5,1 %), mais Bruxelles reste stable.

Les prix moyens progressent : +4,2 % pour une maison dans le Brabant wallon, +4,8 % à Bruxelles.

En valeur réelle, la hausse moyenne (+3 %) reste inférieure à l'inflation (4,69 % fin septembre).

Dans un marché plus sélectif, le bon prix de départ compte plus que le bon moment.

Un baromètre donne une tendance. Il ne dit rien de votre rue, de votre maison ni de votre appartement. Pour savoir où se situe réellement votre bien dans ce marché, rien ne remplace une estimation par un agent qui connaît votre commune.